La presse et les politiciens

Le politique ferait-il vendre ?
A l’heure où une vraie nouvelle pourrait faire la Une de tous les journaux tant elle est remarquable par les temps qui court et porteuse d’un message fort, la presse ignore quasi superbement cette info et n’a que trop d’intérêt pour ce qui se trame dans les coulisses politiques. L’accord interprofessionnel est né à l’unanimité, ces acteurs du patronat et des syndicats donnant par la même occasion aux politiques et à l’opinion une leçon d’efficacité et de responsabilité. Ce n’est pas peu de le dire lorsqu’on connaît la difficulté de l’exercice chaque fois qu’il doit être exécuté. Au lendemain de la signature de l’accord, aucun journal ne juge bon d’annoncer cette victoire à la une de ses éditions. Bien entendu, la situation de la Belgique est dramatique, il faut trouver l’homme de la situation pour remplacer l’homme qui a tout raté depuis les élections de 2007. Et la presse d’être surprise de voir arriver Wilfried Martens à la rescousse, à la demande du Roi. En filigrane, une question se pose cependant plus ou moins explicitement dans toute la presse. Celle de l’âge des pompiers. Tiens, comme chez Fortis, sans solution, on appelle les vieux briscards à la rescousse. Le hic est que chez Fortis, ils ont tous finalement été expulsés. En politique, notre explorateur ne devrait pas faire long feu, personne n’est dupe. Cette tendance révèle cependant une évidence : le politique est devenu trop politicien, les yeux braqués sur sa propre image. L’intérêt général ne prime plus que très rarement. Le jeu politique est faisandé par l’agressivité des uns et les ambitions des autres. Tout n’est que pouvoir. Le CD&V est en train de s’en rendre compte mais s’accroche encore alors que le paysage politique flamand est éclaté et risque bien de lui jouer de méchants revers aux élections de 2009. Quant au MR, son arrogance pourrait se retourner contre lui tant sa soif de pouvoir libérale est excessive. Et les autres formations sont dans le même panier. Alors, si la presse s’occupait un peu moins du nombril des politiques pour s’intéresser un peu plus aux préoccupations sociales et économiques de l’opinion, peut-être que nos politiciens deviendraient plus responsables et conscients. Comme cela, la presse ne joue ni le jeu des politiques égratignés sans cesse par les critiques, ni le jeu des citoyens perdus face à la crise, elle joue son propre jeu, celui de la concurrence et de la survie.
