La presse anglaise trop gourmande

By Thibaut • on October 22, 2009

copyrightEn avril de cette année, la Newspaper Licensing Agency interdisait la transmission électronique de tout article de presse issu de 25 publications anglaises si l’utilisateur ne signait pas un contrat coûteux avec elle. Aujourd’hui, la NLA va trop loin et jette un froid dans notre métier: elle interdit de transmettre tout article par voix postale. L’utilisateur final que sont les annonceurs et toutes les grandes entreprises sont en ligne de mire.

Dorénavant, si l’utilisateur final souhaite accéder à cette information, et on sait combien cette démarche est essentielle dans l’analyse de la visibilité dune marque dans les médias pour sa communication,il devra payer des sommes astronomiques. Soit en direct avec la NLA, soit par l’intermédiaire de prestataire de services comme nous.

Or, depuis avril, de nombreux acteurs du secteur, directement touchés par cette mesure, ont refusé de céder au chantage et en étaient revenus à la méthode ancestrale de découpage de l’édition papier pour envoyer l’original au client. En Belgique, cette solution est très bien acceptée par les éditeurs.

Aujourd’hui, force est de constater que la NLA ne se satisfait pas de cette situation et pose des conditions intenables et inimaginables. Il faut imaginer le cercle vicieux dans lequel la NLA souhaite entraîner les utilisateurs finaux de leurs articles. Un exemple: nous sommes une société de surveillance et d’analyse des médias nationaux et internationaux. Côté national, nous réalisons la surveillance de tous les médias belges et luxembourgeois par nos propres moyens et nous avons des accords avec les éditeurs concernant les droits d’auteurs.

Côté international, nous sommes en mesure de centraliser pour qui que ce soit des articles en provenance de la presse de plus de 80 pays. Pour cela, nous collaborons avec des agences collègues qui font le même métier que nous dans leur pays. Dans le cas de l’Angleterre, nous travaillons avec différents partenaires qui ont dû prendre une licence auprès de la NLA. Aujourd’hui, si nous voulons recevoir les articles des 25 publications concernées de manière électronique ou par la poste, nous devons également prendre une licence auprès de la NLA mais cela ne nous autorise pas encore à transmettre les articles à nos clients finaux puisqu’en effet, avant de pouvoir les recevoir, ils devront eux-même prendre une licence auprès de la NLA pour accéder à l’article. La chaîne pourrait être infinie et ne répond plus, à notre avis, à une application raisonnable des lois sur les droits d’auteur. Les mesures prises par la NLA étaient déjà contestables en ce qui concerne la transmission électronique des articles. Aujourd’hui, leur décision de ne pas autoriser l’envoi postal d’un original pour lequel on a payé un abonnement à la version papier est intenable.

Reste à informer l’utilisateur final et à le sensibiliser à cette situation pour qu’il puisse lui-même s’investir dans le refus d’une solution non concertée proposée par les éditeurs anglais. C’est ce que nous faisons depuis de nombreuses années pour conscientiser les entreprises aux droits d’auteur et à leur légitimité. Maheureusement, aujourd’hui, les exigences de 25 publications anglaises sont indéfendables et inadmissibles.

Dans ces conditions, le coût de l’information risque fort de devenir impayable obligeant l’opinion publique à se détourner de la presse traditionnelle trop gourmande.

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