Fin d’année cauchemardesque pour Richard Miller

By Thibaut • on December 24, 2009

product placementLes injonctions de la très libérale commissaire européenne chargée des médias (tiens, c’est la même tendance politique que Miller), Viviane Redding, pour que les pays membres adoptent rapidement la directive SMA (Services de Médias Audiovisuels) devraient faire réagir Richard Miller. Nous en parlions déjà hier, cette directive, plus permissive en matière de publicité sur les antennes, offre un assouplissement des règles en matière de publicité et de product placement. La Slovaquie, la Roumanie et la Belgique ont déjà transposé ces règles dans leur législation.

En Belgique, ce sont les Communautés qui se sont chargées de transposer la directive et, côté francophone, le décret pris par la communauté française en février est entré en vigueur en mars. Si certaines chaînes commerciales pratiquent déjà le product placement, comme RTL-TVI, le CSA, Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, a souhaité encadré cette directive par une recommandation: le souci du CSA a essentiellement porté sur l’identification des programmes touchés par le product placement. Le CSA a en effet proposé aux chaînes de la communauté française d’informer leurs auditeurs par un panneau  puis par un pictogramme les avertissant que le programme contenait du placement de produit. Le souci, c’est que cette recommandation n’est contraignante que pour la RTBF.

D’ailleurs, selon Pierre-François Lovens de La Libre Belgique, RTL TVi n’a pas fait écho au débat lancé par le CSA. Les chaînes commerciales se sont donc empressées de traduire la directive concrètement avec à la clef la récolte de monnaie sonnante et trébuchante.

Lorsque la RTBF franchira le pas, nul doute que Richard Miller pointera le bout du nez d’une manière ou d’une autre en gesticulant médiatiquement pour qu’on se rappelle à son bon souvenir. Sa démarche sera sans doute vaine. Il faudra trouver les moyens d’une politique de service public là où ils sont en respectant certaines règles bien sûr mais en permettant aussi au service public d’utiliser des outils qui puissent l’aider à diffuser décemment des programmes aux côtés des chaînes privées. Tant que le politique est sans moyen financier pour soutenir le service public, l’utilisation de moyens publicitaires sera inéluctable et assurera la survie du service public. Et si un jour, la communauté française trouve les moyens de financer le service public, ce sera probablement au détriment du citoyen/contribuable.

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